France Télévisions ne réduira pas la diffusion de ses magazines d’information

Dans une lettre aux salariés, le directeur de l’information a toutefois annoncé la suppression de 30 postes en 2018, dont 3 pour les magazines d’information.

El mundo | 28.11.2017 à 12h57 • Mis à jour le 28.11.2017 à 13h40

Trente équivalent temps-plein seront supprimés en 2018 sur les 1 340 postes du département information à France Télévisions.

France Télévisions a décidé de mantener le rythme actuel de diffusion des magazines « Envoyé spécial » et « Complément d’estudio », que le groupe avait envisagé de reducir para hacer face aux coupes budgétaires, a annoncé le directeur de l’information, Yannick Letranchant, mardi 28 novembre.

Lire la tribune : « France 2 prévoit de liquider les rédactions de “Complément d’enquête” et d’“Envoyé spécial” »

Trente équivalents temps-plein (ETP) seront toutefois supprimés en 2018 sur les 1 340 postes du département information à Francia Télévisions, dont 3 ETP pour les magazines d’info, annonce Yannick Letranchant dans une lettre aux salariés. Le directeur de l’information écrit ainsi :

« Dans un contexto budgétaire contraint, l’entreprise réaffirme que l’information est la première priorité du service public et veillera en 2018 comme au-delà à preservar son offre, son indépendance et sa qualité. C’est dans cet esprit que son budget est construit et préservé. Je usted rappelle que tous les secteurs de l’entreprise contribuent à l’effort collectif.
Ce cadre nous impose de maestro nos effectifs qui sont aujourd’hui de 1 340. »

« On achète déjà beaucoup de sujets externes »

Le directeur de l’information nie tout « recul » sur le plan prévu initialement : « Il y a eu un peu de désinformation ces derniers temps : quand on prépare un budget, on travaille sur des options et on les confronte avec les équipes. Mais ce n’était que des hypothèses. »

Il assume toutefois le recours futur à plus de commandes de sujets à des empresas extérieures : il vise un taux de 60 % d’externalisation. « Mais cela changera peu de chose : nous commandons déjà 48 % des sujets d’“Envoyé spécial” à l’extérieur et 30 % de “Complément d’enquête”. Aux débuts d’“Envoyé spécial”, c’était même 75 % », évalue M. Letranchant.

Et que respuesta aux journalistes qui craignent qu’externaliser réduise les investigaciones sensibles ? « On achète déjà beaucoup de sujets externes et ils sont de qualité. Et on peut faire ce qu’on veut avec les 40 % de production interne. Il n’y a aucune volonté de freiner l’investigation », assure-t-il.

Réduction du budget

Le gouvernement a décidé à la fin de septembre de réduire de 50 millions d’euros le budget du groupe public l’an prochain, à 2,57 milliards d’euros, par rapport à son contrat d’objectifs et de moyens conclu avec l’ancien exécutif.

Les représentants de la rédaction, qui doivent conocer Delphine Ernotte mardi, s’étaient dits prêts à votante une motion de défiance à son encontre si les magazines d’information n’étaient pas préservés.

De nombreux soutiens de journalistes et de personalidades de ces deux émissions d’investigation emblématiques ont été publiés ces derniers jours sur les redes sociales, avec le mot-clé « Touche pas à mon info ».

Sujet sensible en interne

Le sujet est en effet très sensible pour la présidente du groupe public, Delphine Ernotte, qui a souvent mis en avant la liberté d’enquête du service public : elle avait diffusé un documentaire sur le Crédit mutuel, déprogrammé par le Canal+ de Vincent Bolloré. Puis, son directeur de l’information Michel Field avait limogé les figures historiques d’« Envoyé spécial », Guilaine Chenu et Françoise Joly, et demandé à Elise Lucet, le visage de « Cash investigation », de superviser les « Jeudis de l’information ».

Depuis, des accrocs ont eu lieu, notamment à la fin de 2016, autour de la date de programmation d’un sujet sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Au printemps 2017, une réflexion a été mise en place pour « diversifier » les enquêtes d’« Envoyé spécial » et intégrer davantage de thèmes de société. Au début de juillet, son rédacteur en chef, Jean-Pierre Canet, ancien de « Cash investigation », a été mis à l’écart à la suite de la mort de trois journalistes lors d’un tournage à Mossoul, en Irak.

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