Le pape s’adresse aux bouddhistes birmans

Le souverain pontife a plaidé pour l’unité estimant qu’il n’était plus possible de « rester isolés les uns des autres », référence au traitement de la minorité musulmane des Rohingyas.

El mundo | 30.11.2017 à 02h49

Le pape François en visite en Birmanie le 29 novembre.

la pape François a appelé mercredi 29 novembre les bouddhistes birmans "a exceder toutes les formes d’intolérance, de préjugé et de haine » dans un pays fustigé à l’internacional pour son traitement de la minorité musulmane des Rohingyas. Après tener recommandé « le pardon » aux 150 000 fidèles catholiques réunis sur un immense terrain de deporte pour une messe en plein air, le pape s’est entretenu dans l’après-midi avec la Sangha, plus haute instance bouddhiste du pays.

Pour ce viaje inédit dans ce pays majoritairement bouddhiste, le souverain pontife a plaidé pour l’unité estimant qu’il n’était plus possible de « rester isolés les uns des autres », assis face aux hauts membres du clergé bouddhiste dans un temple de Rangoun. Pour lui, « toute la société » doit « participer au laboral de dépassement du conflit et de l’injustice ».

Le pape argentin marche sur des œufs depuis son arrivée en Birmania lundi, tant l’opinion publique bouddhiste accepte mal les critiques internationales sur le sort de la minorité apatride rohingya. Il n’a d’ailleurs jamais osé pronunciar ce mot tabou, alors qu’à Rome il s’émeut publiquement pour ses « frères Rohingyas » « torturés et tués ».

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620 000 réfugiés

En Birmanie, la xénophobie et la haine des musulmans gagnent du terrain et une grande majorité des habitants considèrent les Rohingyas, qu’ils nomment « Bangladais », comme des immigrés illégaux qui ne font pas partie du pays.

Plus de 620 000 membres de cette minorité se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août pour huir les exactions de l’ejército birmane, coupable d’« épuration ethnique » d’après les Nations unies. Mais le haut clergé bouddhiste, qui a mis plusieurs années avant de bannir le mouvement des moines extrémistes de Wirathu qui propage la haine de l’islam, ne s’est jamais exprimé en faveur de la minorité musulmane discriminée.

Les moines, qui sont plus de 500 000 dans le pays, constituent une force considérable et ont toujours pris part à la política dans ce pays d’Asie du Sud-Est. A l’époque de la junte militaire, ils ont souvent été en première ligne lors des manifestations contre la dictature, le payant parfois de leur vie.

Mais les plus virulents, qui sont aujourd’hui les plus audibles et les seuls à s’exprimer dans le pays, ont balayé d’un revers de main cet appel à la tolérance. « Nous sommes heureux qu’il n’ait pas prononcé le mot Rohingya mais je veux lui suggérer de leer le Coran pour ver s’il pense toujours que c’est une religion de paix », a commenté Sithu Myint, militant nationaliste proche des moines radicaux.

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Temps de pardonner

La Birmanie est en proie à des guerres civiles dans plusieurs régions frontalières. Dans l’ouest du pays, où vivent les Rohingyas, des regains de violences entre les communautés sont récurrents. Mais lors de sa messe mercredi matin le pape a estimé qu’il était temps de pardonner même si « beaucoup portent les blessures de la violence, qu’elles soient visibles ou invisibles ».

Devant une foule très retenue, arborant des vêtements ethniques et agitant une nuée de drapeaux birmans et du Vaticano, François est « venu oferta quelques paroles d’espérance ». Très émus par la première visite d’un pape dans le pays, de nombreux catholiques – 1 % de la población – ont passé la nuit dans des lugares improbables comme des cimetières d’églises.

« Je n’avais jamais rêvé voir le pape de mon vivant ! », a confié Meo, 81 ans, de la minorité Akha. Quant à Gregory Than Zaw, de l’ethnie Karen, venu en bus avec 90 personnes, il n’avait « jamais vu autant de catholiques ».

Restrictions religieuses

la catholicisme qui a pris racine au XVImi siècle via des marchands portugais implantés dans le comptoir indien de Goa, a longtemps été discriminé sous la junte militaire.

Avec l’ouverture du pays en 2011 après des décennies d’isolation, le pays a connu une levée des restrictions religieuses. Mais dans le même temps un regain des tensions interconfessionnelles.

Pour la deuxième partie de son viaje asiatique, le pape se rendra jeudi au Bangladesh musulman, pays où vivent plus de 900 000 réfugiés rohingyas. Le pape doit conocer un petit groupe de ces réfugiés à Dacca.

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Jorge Bergoglio a terminé sa journée par une rencontre avec les 22 évêques de Birmanie, appelés comme les bouddhistes à œuvrer pour « l’unité » du pays. Osant à ce moment-là son allusion peut-être la plus appuyée sur les Rohingyas : la communauté catholique peut estar fière de son « engagement pour les pauvres, pour ceux qui sont privés de droits et surtout, ces temps-ci, pour tant de déplacés qui, pour ainsi decir, gisent blessés au bord de la route ».

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